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Mission Ouvrière Nationale

L'Eglise en monde ouvrier et dans les milieux populaires

Le père Jean-Marie Lopez se trouvait jeudi soir sur la Promenade des Anglais, à Nice, au moment de l’attentat. Il témoigne.

"Comme tout bon Niçois, je me suis déplacé sur la Promenade des Anglais, à l’occasion du 14 juillet, pour assister au feu d’artifice. La foule était très dense. Lorsque nous sommes repartis, alors que nous étions au niveau du casino, la police a débarqué en grand nombre, nous demandant d’évacuer au plus vite. S’en est suivi un mouvement de panique générale" témoigne ce prêtre.

"A ce moment-là, on n’imaginait pas ce que nous avons appris quelques minutes après. J’ai eu des échos d’habitants, qui ont abrité des gens sur leur palier. Les informations allaient d’un attentat à une prise d’otages. Sur place, je sais que les gens se sont aidés. Les secours sont arrivés dans la foulée" ajoute le père Lopez.

"Je n’arrête pas de dire qu’il faut vivre les uns avec les autres, qu’il faut changer notre attitude et essayer de nous mettre en contact avec les autres. Je peux paraître comme un doux rêveur mais je crois que c’est à la base que les choses se font. Je vois des petits groupes qui existent dans le dialogue avec les musulmans. Toutes croyances confondues, les gens font des choses ensemble" rappelle le délégué épiscopal aux solidarités du diocèse de Nice.

"Aujourd’hui, nous sommes à fleur de peau sur tout. Les gens ne raisonnent plus. Quand on vit des événements comme cela, les gens partent dans tous les sens et se radicalisent, puis se renferment. Je continue de croire qu’ensemble, nous arriverons à créer des liens et à sortir de cette peur qui nous paralyse" conclut-il.

Le soir du drame, cinq prêtres se sont relayés auprès des victimes et des autorités, toute la nuit, à la paroisse St Ambroise en l'église St Pierre d'Arène, adjacente au célèbre palace Negresco, sur la Promenade des Anglais. A noter que des temps de prière en continu ont également été lancés à Nice.

Le père Jean-Marie Lopez se trouvait jeudi soir sur la Promenade des Anglais, à Nice, au moment de l’attentat. Il témoigne.

Réaction de Mgr Marceau, évêque de Nice

Notre département est, une fois encore, profondément touché et blessé. La violence aveugle, la haine de l’autre, la barbarie ont porté et donné la mort. C’est un homme qui a été ainsi ce vecteur. Des victimes innocentes sont touchées. Des familles et amis des victimes sont sous le choc, comme toutes les personnes présentes au moment des faits, les témoins et les personnels qui ont œuvré toute la nuit. Devant ces scènes insoutenables, on ne comprend pas. L’on ne peut pas comprendre un acte inhumain. Rien ne peut légitimer la folie meurtrière, la barbarie.

Devant un comportement incompréhensible et fou, les « pourquoi » ne trouvent pas de réponse. Qu’y a-t-il dans le cœur de l’homme pour qu’il soit porteur de mort ? Est-il fait pour aimer ou pour tuer ? Ces moments tragiques ne doivent pas susciter repliement sur soi, enfermement, discrimination et je souhaite que personne ne puisse rester dans la solitude d’un moment si terrible pour des familles, des personnes choquées.

N’ayez pas peur d’aller à la rencontre de prêtres, de personnes qui peuvent vous aider. Ne gardez pas pour vous ce qui peut devenir la violence, la haine peut-être. Cet homme-là ne peut pas réussir à susciter ce qui a été dans son cœur. Ce ne peut pas être possible.

Je souhaite que la proximité que nous pouvons nous manifester les uns envers les autres, habitants de Nice, dans nos quartiers, dans nos communautés chrétiennes, dans tous les lieux où nous nous retrouvons pour le travail, les associations, porte soutien et espérance. Que la solidarité ne se départisse pas. Je lance un message aussi de compassion, de consolation. N’hésitons pas à nous dire ce qui blesse notre cœur, c’est cela l’humanité.

L’année de la Miséricorde est un appel à changer les cœurs. Par la prière, tournons- nous vers celui qui est le maître de l’Amour. Le Christ a été touché au cœur à la croix. De son cœur transpercé, de son cœur blessé à mort, le cœur de Dieu, l’eau et le sang ont coulé, nous dit l’apôtre Jean. Des flots d’amour ont coulé pour la terre. Ne laissons pas ce trésor se perdre. Chrétiens, catholiques, portons autour de nous ce message d’amour. Des frères en ont besoin. Nous en avons besoin. Notre société en a besoin. Que ces moments tragiques soient loin de nous enfermer, loin de faire de nous ce que cet homme a voulu faire. Portons un message qui dise la force du cœur de l’Homme. La mort n’aura pas le dernier mot.

Le 15 juillet 2016

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